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Appel à contributions du portail ADJECTIF

 

Dans le cadre d’un projet de veille scientifique mené avec l’AUF, le projet ADJECTIF (Accompagnement décentralisé des jeunes chercheur(e)s en TIC dans un cadre francophone) s’est intéressé à faire le point sur la question de la formation des enseignants du primaire aux TICE et par les TIC en Afrique sub-saharienne, en s’intéressant à la fois aux productions de recherche et aux articles parus dans la presse, en repérant ce qui est expérimenté, que ce soit en direction des élèves ou s’agissant des différentes modalités de formation et d’accompagnement des enseignants.

1. Eléments de problématisation

Les technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE), le numérique éducatif comme on tend à dire désormais, ne sont plus à proprement parler une innovation à l’école même s’il y a à chaque moment un front de vague de l’innovation (actuellement sans doute les tablettes, hier le TNI, autrefois la télévision ou la radio). Pourtant, elles restent perçues comme porteuses d’avenir. Simultanément, elles posent problème aux différents systèmes éducatifs qui peinent à les intégrer au sein de ce qui est traditionnellement organisé. Elles se développent en dehors de l’école différemment de ce qu’il est possible d’installer dans l’organisation scolaire. En règle générale, comme le disait Larry Cuban il y a une vingtaine d’années, dans le match entre la classe et les ordinateurs, c’est la classe qui gagne. C’est du moins la situation dans les pays développés.

Pour autant, il est bien connu que les choses changent, même si ce n’est pas comme l’avaient prévu les premiers visionnaires et prophètes : il y a du nouveau sous le soleil (Wikipedia en est un exemple frappant) et on assiste à des processus de scolarisation (et non pas d’intégration) des technologies, se déroulant de manière très lente.

Les recherches menées depuis la fin des années 1970 convergent sur 3 grands points.

Les situations sont très différentes entre les enseignements primaire et de second degré : les premiers sont dispensés par des maîtres polyvalents ayant une identité professionnelle liée à la pédagogie, les seconds sont fortement organisés par les disciplines scolaires dispensées par différents professeurs. Ce qui nous intéresse dans le travail à effectuer c’est la situation dans les systèmes éducatifs de base.

Les enseignants jouent un rôle fondamental, non pas sans doute tellement en tant qu’individus isolés (il y a cependant toujours des innovateurs de génie, dont certains ont une postérité longue, comme Célestin Freinet), mais en tant que profession, exerçant au sein d’un système où l’action enseignante est supervisée par des lignes hiérarchiques et bénéficie d’opportunités liées à l’environnement socio géographique des écoles. La formation des enseignants, leur développement professionnel comme on tend à dire désormais, sont des facteurs essentiels.

Il y a une tension entre ce qui relève de l’enseignement avec les technologies (ce qu’on pourrait appeler la technologie éducative) et de l’enseignement de ce qui relève des technologies, les solutions mises en œuvre dans une majorité de pays étant plutôt du côté de la technologie éducative.

D’un point de vue géographique, on constate l’existence d’un fossé entre deux groupes de pays. Les premiers, industrialisés, disposent en général d’une infrastructure permettant la mise en œuvre bon marché de communications par internet à haut débit, présentes dans l’école mais également en dehors de l’école. Les seconds, souvent situés au sud de la Méditerranée, sont généralement pauvres et les infrastructures techniques y sont encore peu développées, se concentrant plutôt dans des zones urbaines et à proximité des fibres optiques internationales. Les coûts de connexion sont encore relativement élevés.

Cette situation conduit, dans ce second groupe de pays, à des formes d’invention et d’expérimentation qu’on rencontre moins dans le premier, comme cela a bien été documenté par des travaux comme celui d’Awokou Kokou (2007). Certaines expérimentations sont des importations de solutions inventées au nord (récemment, on a ainsi vu des opérations relativement importantes liées aux tableaux numériques interactifs, TNI), tandis que d’autres sont des inventions locales. On sait en particulier que ce qui est lié au téléphone cellulaire et à l’utilisation de différents types de tablettes vaut la peine d’être analysé.

2. Appel à contributions bénévoles

Dans le cadre d’un projet de veille scientifique mené avec l’AUF, nous sommes intéressés à faire le point sur la question de la formation des enseignants du primaire aux TICE et par les TIC en Afrique sub-saharienne, en nous intéressant à la fois aux productions de recherche et aux articles parus dans la presse, en repérant ce qui est expérimenté, que ce soit en direction des élèves ou s’agissant des différentes modalités de formation et d’accompagnement des enseignants.

Un fil directeur possible est prospectif : repérer des tendances, qu’il s’agisse de faits se développant massivement ou de signaux faibles. Pour comprendre la situation actuelle, il est important de donner des éléments explicitant sa genèse et attirant l’attention sur les différentes phases repérées dans la constitution d’une offre technologique. On s’intéresse en particulier aux 4 axes suivants.

2.1. Développement de nouveaux types d’instrumentation

Il paraît utile de procéder à une analyse de ce qui se prépare sur le front de vague de la nouveauté en analysant des résultats de recherche et d’innovations. Pour cela, on se permettra d’aller au-delà de ce qui se produit dans la partie francophone de l’Afrique car des solutions sont expérimentées également dans le cadre anglophone, notamment en termes de formations hybrides.

2.2. Analyse des prescriptions politiques

On tâchera de repérer ce qui se produit en termes de préconisations et prescriptions politiques comment s’organise la situation par groupes de pays. On s’intéressera particulièrement à l’accompagnement et à la supervision de l’action enseignante.

2.3. Analyse des ressources disponibles

Un repérage des ressources numériques utilisées à la fois pour la formation des enseignants et pour l’utilisation en classe sera mené.

2.4. Accompagnement des usages

On se concentrera ici sur les organisateurs de la diffusion de technologies en classe.

2.5. Analyse de dispositifs de formation des enseignants

On repérera et analysera aussi des expérimentations de dispositifs de formation des enseignants du primaire (des parcours de formation) intégrant l’usage des technologies (notamment les technologies mobiles).



Campus Numérique Francophone de Lomé
URL de l'article: http://tg.refer.org/Appel-a-contributions-du-portail